Territoire-S

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Cette expression latine est un memento mori, que nous interprétons par : même en Arcadie (paysage mythologique, originel et paradisiaque) souviens toi que tu vas mourir. Elle fait référence à un tableau de Nicolas Poussin, « Les bergers d’Arcadie » (1638) qui rappelle aux hommes qu’ils sont mortels. Tout comme sur ce tableau, le paysage, ici présent, souligne notre critique du retour à la nature originelle, désir qui porte dans son sein l’annonce de sa mort prochaine.
La ville est métamorphose, elle est soumise à la superposition de cycles de transformation qui naissent et meurent au cours du temps. Le projet est un cycle parmi les cycles. Le temps du festival, l’Arcadie proposée va s’enrichir de la terre, se transformer, muter et mourir, pour renaître autre. Le ressort de l’installation de ce « paysage arcadien » réside dans le fait qu’il amène la campagne en ville dans sa réalité crue, et non comme une interprétation idéologique. Ici, les moutons broutent l’Arcadie, consomment le mythe, amendent la ville par leurs déjections.
Cette mise en scène d’une chaîne alimentaire festive (pâturage, croissance, broutage, mechoui…) procédera à une démystification d’un paysage dit idéal.
En transhumance à Praz-Sechaud – Valmont – Sallaz – Cité, un dispositif sonore accompagne la présence des moutons. Cette diffusion sonore, réalisée à partir d’entretien avec des Lausannois, montre une richesse de perceptions et d’interpretations d’un paysage dit national. L’ensemble procède à une démystification qui empèche toute réapropriation idéologique d’un territoire.

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