Les cycles continuent…

admin November 17th, 2009 0 Comments

Un article à propos des possibles suites…

Tout le monde s’arrache les moutons faucheurs

ÉCOLOGIE | De plus en plus de services et d’administrations communaux veulent faire appel aux brebis, utilisées pour tondre certaines parcelles. L’Etat de Vaud serait preneur.

Jérôme Ducret | 23.10.2009 | 00:02

Elles sont devenues des stars lors de la manifestation Lausanne Jardins 2009. Les brebis du Service communal des parcs et promenades ont conquis le cœur de Lausanne cet été, lorsqu’elles ont débarqué sur la colline de la Cité, juste sous le Château cantonal, à un jet de laine de la populeuse place de la Riponne. Ces animaux sont utilisés depuis 2004 pour tondre les espaces verts lausannois, ceux qui sont difficiles d’accès pour les êtres humains et leurs machines. Et, de l’avis du délégué communal à la nature, Philippe Curdy, ces moutons citadins sont de plus en plus demandés au sein de l’administration lausannoise, et même de l’Etat de Vaud. A tel point que la Municipalité envisage d’autoriser un agrandissement conséquent du cheptel.

«C’est vrai, il y a des demandes, et il est tout à fait possible que l’on décide d’avoir plus de moutons, déclare Jean-Christophe Bourquin, municipal de la Sécurité sociale et de l’Environnement. Les compétences sont en tout cas là. Et je n’ai entendu que des échos positifs de la part des Lausannois.»

Un démarrage en toute discrétion
«Nous avons commencé discrètement avec un petit troupeau, parce que, à part la ville, personne chez les paysans ne voulait prendre le risque de faire venir des moutons en ville, se souvient Philippe Curdy. Mais aujourd’hui, l’expérience est vraiment concluante, et il nous arrive même de pouvoir vendre des moutons nés chez nous, que ce soit dans des parcs ou pour la boucherie.»

Les ruminants, une cinquantaine au total, sont basés à Sauvabelin, dans l’ancien parc aux biches. Ils font partie de toute une galerie d’animaux représentant des espèces indigènes en voie de raréfaction ou carrément disparues. On y trouve le porc laineux ou la chève bottée, entre autres. «Nous avons trois troupeaux pour la pâture, détaille Gérard Guex, le paysan engagé par la commune pour surveiller et soigner tout ce petit monde. Des roux du Valais, dont les mâles ont de magnifiques cornes, mais qui sont plutôt nerveux quand ils sont entourés de gens, et des moutons miroirs, qui ont deux taches de chaque côté de la tête. Ceux-ci n’ont pas de cornes et sont plutôt placides. Ils conviennent bien au contact avec le public. Et nous avons encore ce que j’appelle les bâtards, croisement entre les bruns et les roux. Ce sont ces derniers qui ont été les vedettes de Lausanne Jardins.»

«On en a mis par exemple dans le talus très en pente en dessous de l’Ermitage, détaille Philippe Curdy. Ou sur des parcelles à Praz-Séchaud. Ou encore dans certains secteurs provisoirement désaffectés du cimetière du Bois-de-Vaux. On les a même installés sous le Casino de Montbenon.»

10 m2 d’herbe par jour
Après Parcs et promenades, ce sont les services lausannois de l’électricité ou des sports qui aimeraient bénéficier de tontes. Un projet est même en discussion avec les Archives cantonales, à Chavannes-près-Renens. «Là-bas, il y a de l’herbe en suffisance, et la température est plus clémente», note Gérard Guex. Un mouton adulte rase en effet en moyenne 10 mètres carrés par jour. L’hiver, les moutons rentrent à la maison et on les nourrit principalement avec du foin, très souvent récolté sur les talus herbeux de la ville.

Tant le municipal Jean-Christophe Bourquin que Philippe Curdy font état d’un écho très favorable de la population. Gérard Guex émet un minibémol. «Au départ, on avait sonnaillé, mais les gens se sont plaints du bruit et on a enlevé les clochettes.»

Tout en parlant, Gérard Guex cherche Lilly des yeux, une brebis de la variété miroir. «C’est l’une des rares qu’on reconnaît facilement, elle a son caractère propre», lance-t-il avec le sourire. Sinon, l’esprit de troupeau règne. Il y a bien, de temps à autre, un bélier reproducteur, surnommé Reto. «Nous le partageons avec Paudex, où ils utilisent aussi un petit troupeau», note Philippe Curdy. Mais Reto ne doit pas rester trop longtemps près de ces dames. Il perturbe la tranquillité des lieux.

Et puis, il ne faut pas faire croître la famille trop vite.


http://www.24heures.ch/vaud-regions/actu/monde-arrache-moutons-faucheurs-2009-10-22



leave your comment

Recently